Samedi 10 novembre 2007
Article de Dominique Vidal publié dans le Monde Diplomatique le 8 janvier 2007 



Le plus surprenant, avec certains intellectuels médiatiques, c’est qu’à chacune de leurs dérives, alors qu’on croit qu’ils ont touché le fond, ils réussissent à tomber plus bas encore. Alain Finkielkraut en est le prototype. Après avoir encensé la journaliste islamophobe Oriana Fallaci, couru au secours des victimes d’une « ratonnade anti-Blancs », diffamé dans Haaretz la révolte des banlieues qualifiée de « pogrom contre la République
 », le voilà qui, ce samedi matin dans son émission « Répliques » sur France Culture, agresse les jeunes des cités.


A Joël Roman argumentant patiemment, dans l’esprit de son essai Eux et nous,
pour que la France traite enfin également tous ses enfants, Finkielkraut oppose un discours nostalgique et réactionnaire, avec le concours attendu de Thierry Jonquet, lui aussi invité pour son roman Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte.


Plutôt que de réfléchir sur la situation des jeunes issus de l’immigration, l’animateur préfère entonner son refrain favori en dénonçant leur « haine sans précédent à l’égard de la culture française (…), une haine à laquelle les professeurs ne sont absolument pas habitués et dont je me demande si nous avons raison d’en rechercher l’origine dans je ne sais quelle culpabilité coloniale ». Et d’enchaîner : « N’y a-t-il pas un risque de voir l’esprit de pénitence alimenter et légitimer le ressentiment ? » Mais la réalité des discriminations ? « Y a-t-il discrimination à l’embauche, s’interroge-t-il, quand quelqu’un arrive encapuchonné et qu’il n’a pas d’autre langue à sa disposition que le “parler banlieue” qu’on entend dans L’Esquive ? » Il faut, dira-t-il en conclusion, « ne pas donner à ces paumés une mentalité d’ayants droit ».


A qui fera-t-on croire que le port de la capuche et le parler 9-3 expliquent l’absence d’emploi pour la moitié ou plus des jeunes de cité d’origine arabe ou africaine ? Le système… « On se place d’entrée de jeu, rétorque le philosophe, dans la posture de celui qui est une victime du chômage et du racisme. Je ne suis pas sûr que tout ce discours-là favorise vraiment la réconciliation. » Même la ghettoïsation, à ses yeux, résulterait parfois d’une « espèce de nettoyage ethnique » organisé par la pègre pour « rester entre soi ». C’est à de pareilles idioties qu’on mesure le sérieux de phrases pontifiantes du type : « L’antiracisme est une démarche fondamentale. Il ne faudrait pas qu’il devienne une idéologie et un alibi. »


D’autant que, quelques minutes plus tôt, Finkielkraut n’avait pas hésité à se transformer en propagandiste : « Nous vivons dans une situation tout à fait étrange où la diabolisation s’est déplacée. Et Le Pen en profite. Si aujourd’hui, l’antiracisme a un diable, c’est Nicolas Sarkozy. » Le philosophe poussera la servilité jusqu’à mentir pour dégager la responsabilité du ministre de l’intérieur dans le drame de Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 : il prétendra que, selon l’Inspection générale des services (IGS), les trois jeunes, avant de pénétrer dans le transformateur, étaient bien poursuivis par la police (ce qui est exact), mais parce qu’ils étaient en train de voler sur un chantier (ce qui est faux). Ce n’est pas le compte rendu qu’en faisait, le lendemain, la presse nationale.


Pour justifier cette droitisation, Alain Finkielkraut invoque, une fois encore, la menace qui pèserait sur les juifs français
. L’affaire Fofana, à l’écouter, le prouverait. Tant d’excès amène à douter de la sincérité de l’obsession finkiekrautienne. Comment peut-on honnêtement nier les faits établis ? Les statistiques confirment le reflux des violences antijuives, après leur brusque croissance au début du siècle. Et démontrent que la majorité de ces agressions est le fait de « Français de souche ». Les sondages soulignent, en outre, la marginalisation de l’antisémitisme comme idéologie. En revanche, n’assiste-t-on à une forte poussée des préjugés et des violences contre les Arabes et les musulmans ?


C’est banaliser l’antisémitisme que de s’en servir comme d’un instrument de terrorisme intellectuel visant quiconque critique la politique de l’Etat d’Israël. Alain Finkielkraut, lui, n’a pas de ces scrupules. Dans un livre de dialogue
, Rony Brauman lui a, par exemple, donné l’occasion — sans, hélas, lui répondre — de reprendre l’ignominie qu’il avait déjà proférée il y a deux ans : « Pour Le Monde diplomatique et Télérama, tous les sionistes sont des chiens, tous les juifs sont sionistes, donc tous les Juifs sont des chiens. » Et il aura fallu l’éventualité d’un procès pour que cette phrase disparaisse des exemplaires réimprimés…


Dans le 9-3, on appelle ce genre de personnage un « bouffon ». On sait maintenant que c’est celui du roi. Ou plutôt de celui qu’il espère voir régner ...


Dominique Vidal
 
par amine publié dans : Tlemcani's opinion
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Vendredi 22 juin 2007

Qui vous savez a été nommée à un obscur secrétariat d'état aux affaires indigènes où elle aura à loisir de gérer les quelques aumônes alloués aux dépoussiérage des quartiers "nègres" de France.

On se donne bonne conscience à peu de frais mais à grand renforts de médias, friands de "symbôles".

La petite arabe, ah non pardon, la petite Kabyle, c'est mieux vous comprenez, dans le classement zoologique que la France égalitaire fait de nous autres, oiseaux migrateurs entre les rives de la méditérannée, être kabyle, c'est moins pire.

Je disais donc, La petite kabyle, fille d'ouvrier au sein d'une portée de 11 frères et soeurs, détentrice d'un CAP, est devenue ministre !! Sortez les mouchoirs, les violons et autres ustencils à émotions dégoulinantes, mais surtout, n'oubliez pas d'applaudir la France républicaine !!


Vous voyez bien que la colonisation n'a pas eu que des effets négatifs !! qu'est ce qu'on dit ? merci qui ??

Tout ça empeste le néocolonialisme rampant, les nouveaux caids, bachagas et autres "représentants" des indigènes au près de l'administration ont beau s'appeler désormais Fadéla, Rachida et autre Rama, ils n'en restent pas moins ce qu'ils sont, de servils collaborateurs dans la repression de ceux qu'ils sont sensés représenter.


par amine publié dans : Tlemcani's opinion
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Mercredi 9 août 2006

Au même titre que le reste de l'Algérie, Tlemcen a fait offrande de sa jeunesse à la cause sacrée de la patrie, les noms du Colonel Lotfi, du docteur Benzerdjeb, d’Ahmed Inal et de tant d'autres, resteront à jamais symbole du sacrifice suprême.

Maliha Hamidou est, parmi ceux là, une personnalité émouvante et admirable, lycéenne engagée et courageuse, symbole de martyre et de don de soi.

Née à Bab El H'did en 1942, elle fréquenta l'école primaire de Blass el Khadem, puis le Lycée de jeune fille qui porte aujourd'hui son nom, et comme beaucoup de tlemceniens à cette époque, elle complétera sa formation réligieuse et de langue arabe à Dar El Hadith, la merdersa fondée par le Cheikh Ben Badis en 1940.

Sa conscience politique, prend la forme de la révolte et du refus du colonialisme, elle milite très tôt pour la cause nationale et choisit l'action au sein des fidayines où son courage et sa lucidité, admirés et respectés, la désigneront comme secrétaire de la cellule combattante du secteur de Sidi-Chaker.

Le 13 Avril 1959 à 1h du matin, Maliha est arrêtée chez elle par un commando des forces spéciales de la DST, le lendemain, sa mère se rendit à la morgue de l’hôpital pour identifier le corps, criblé de balles et portant des traces de tortures.

Maliha a tenu sa promesse, elle a résisté à ses tortionnaires, elle n’a livré aucun secret, son corps fragile a supporté toutes les douleurs à 17 ans.

Je lance aujourd’hui un appel à sa famille, ses proches, ceux qui l’ont connu, pour nous donner le plus d’informations possibles sur elle, car il y a un devoir que nous, générations de l’indépendance, avons vis à vis d’elle, celui d’honorer sa mémoire.

Paix à son âme.

 

Certains éléments sont repris d'un article publié par M. Zenasni

par amine publié dans : Tlemcani's opinion
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Jeudi 3 août 2006

Des semaines que le liban se meurt, dans l'indifférente complaisance d'une communauté internationale à genoux face à la barbarie israélienne.

Devant nos tv parabolés, les libanais massacrés crient leurs révoltes sous nos yeux, pour mieux réveiller nos consciences humiliées, une fois de plus, une fois de trop.

Nous, peuples arabes, vivant bien souvent sous le seuil de pauvreté, dirigés par des sultans bien en deça du seuil de dignité, ne pouvons qu'exprimer notre solidarité sans failles et sans nuances envers nos frères libanais.

Nous sommes tous libanais aujourd'hui.

 

 

par amine publié dans : Tlemcani's opinion
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Mardi 21 mars 2006

Petit aparté dans l’interlude culturel auquel je vous avais invité car je souhaite intervenir sur le sujet qui semble tourmenter la blogosphère algérienne ces derniers temps : l’arrêt de l’émission de Samir.

Samir est de toute évidence victime de censure, les méthodes utilisées sont méprisables et médiocres, jusque là rien de nouveau en Algérie et c’est bien là que certains me chauffent sérieusement les oreilles !!

En effet, tout le monde semble découvrir qu’il y a de la censure en Algérie !!

Où étaient tous ces beaux principes quand le journal La Nation a été suspendu au mépris de tout principe de liberté d’expression ?

Ce n’est qu’un exemple, soigneusement choisi car je n’ai pas voulu parler de ce qu’ont pu subir tous ceux qui étaient soupçonnés d’islamisme dans les années 1990, là encore dans notre indifférence la plus totale.

J’imagine que je vais me faire lyncher et traiter d’islamiste (cela fera au moins rire ceux qui me connaissent) mais ce que j’essaye d’expliquer est simple finalement :

Nous avons collectivement accepté tous les dépassement quand ils ne nous touchaient pas directement, aujourd’hui, la bête immonde du non droit -qui frappe indifféremment puisque cette garce n’a pas de camp- se retourne contre nous.

A l’avenir, refusons tout déni de justice, quelles qu’en soient les victimes, même s’il s’agit de nos pires ennemis, c’est le seul moyen de nous protéger de l’arbitraire.

"Je ne suis d'accord avec vous ni sur l'essentiel, ni sur l'accessoire. Par contre, je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour que votre voix soit entendue."

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Samedi 25 février 2006

Aujourd’hui c’est culture !

Je m’essaye à la biographie et tente de vous intéresser au destin de trois grands auteurs tlemceniens, ou plutôt devrais je dire auteurs algérien tant leurs poèmes et chansons furent reprises partout dans notre pays.

Il s’agit de Boumediène Bensahla, Mohamed Ben M’sayeb et Ahmed Bentriki.

Ces biographies sont certainement incomplètes, voir parfois inexactes car traduites par mes soins, vos contributions et rectifications sont bien évidemment les bienvenues.

Commençons par mon préféré Boumediene Bensahla :

Né à Tlemcen, certainement dans la première moitié du 18 è siècle –je n’ai pas réussi à trouver sa date de naissance exacte- il passe son enfance entre l’école (m’side) et la manufacture puisque l’époque voulait qu’on enseigne aux enfants la lecture, l’écriture et le métier. L’activité en vogue à cette période à Tlemcen étant le tissage, Bensahla en épousera la vocation.

Très tôt attiré par la poésie et le chant, il déclame son amour enfantin à la jeune Badra, sa camarade de classe et on retrouve d’ailleurs ce prénom dans plusieurs de ses poésies.

Il apparaît dans ses premiers écrits comme un jeune homme séduisant, festif, vif d’esprit et possédant un sens aigue de la répartie et du verbe.

Les occasions de festoyer ne manquent pas dans le Tlemcen du 18è siècle, toute occasion est bonne pour s’encanailler à l’Ourit (ah l’Ourit !), Ain el Hout, Saf-Saf … tout ces lieux loin de la cité permettaient d’échapper au contrôle social tlemcenien. Il semble que le jeune Bensahla en fut profondément marqué.

L’organisation administrative de l’Algérie étant décentralisée sous l’ère Ottomane -celle-ci se contentant de prélever sa dîme- Tlemcen jouissait d’une certaine autonomie, autonomie qui a atteint son paroxysme sous le commandement d’un certain Bedjaoui, qui finit quand même par se faire exécuter à Alger …

Dominée par des féodaux locaux, Tlemcen offrait une organisation sociale inégalitaire à souhait, la classe laborieuse dont était issu Bensahla manquait de tout, contrastant avec la richesse ostentatoire des maîtres de la ville.

Cette situation fut dénoncée par un Bensahla militant dont les poèmes engagés trouvaient un écho favorable auprès des gens de sa condition et faisaient bien évidemment grincer les dents des notables, qui le voueront au bannissement et feront circuler des rumeurs à son sujet pour le discréditer.

(To be continued)

Traduit tant bien que mal de "Diwan du cheikh Bensahla" de Med Habib HACHLAF et Med ZERHOUNI paru aux éditions ANEP.
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Mercredi 15 février 2006


Sur Alger la belle mes yeux se sont ouverts pour la première fois, elle m’a vu grandir et fut le témoin de mes émois d’adolescent, elle hante encore mes nuits d’exil parisien.

Alger m’a adopté sans rechigner, m’a permis, sans mot dire, d’être chez elle tout en venant d’ailleurs, m’a donné son accent coloré, son tempérament excessif et sa joyeuse nonchalance.

Trêve donc de « tlemceneries » pour l’instant, si mon esprit est tlemcenien, mon cœur lui, appartient à Alger, ma ville chérie (fais pas cette tête maman)

Etre algérois, c’est par essence venir d’ailleurs, de l’est, de l’ouest ou du sud, toute l’Algérie converge vers elle à tel point que certains, venus de moins fraîche date, parlent avec mépris d’exode rural.

Exode rural ou pas, Alger est la machine à fabriquer des algériens, pas démocratiques peut être, populaires sûrement*.

En effet, comme affirmé précédemment, à Alger nous venons tous –ou presque- d’ailleurs : mon ami Raouf le chaoui de « chaouilie », mon ami Larbi, comme son nom ne l’indique pas, de Kabylie, mon amie Amina l’artiste, de Jijel (oui artiste et non pas maçon**) et moi, de Tlemcen au cas où vous ne l'auriez pas encore noté.

Et pourtant ce qui nous est commun est aussi grand que ce qui nous différencie de nos cousins provinciaux.

Nous nous définissons tous comme algérois, et c’est néanmoins avec plaisir que je déguste le r’fiss affectueusement préparé par la maman de Raouf, avec délectation que je me régale de l’huile d’olive kabyle (la meilleure du monde, wallah) de Larbi et avec une délectation pleine de plaisir que je dévore la bastilla faites des mains d’Amina (oui je sais c’est marocain, mais je ne connais pas de plats jijeliens, j’allais tout de même pas parler des maçons jijeliens encore une fois !)


Conclusion, à Alger nous avons surmonté les régionalismes tout en cultivant nos particularismes, et pour moi, c’est ça être algérien.

*parce que  « République Algérienne Démocratique et Populaires.

**parce que les jijeliens sont d'excellents maçons, si vous étiez algérois, vous le sauriez.

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Dimanche 12 février 2006


Suite à l’article Les treize commandements de la Tlems attitude, qui était vous l’aurez compris, ironique et dénonciateur de ce que sont devenus certains tlemceniens, je vous présente à présent un autre aspect de la tlems attitude, que je revendique fièrement celle là, et qui est, je l’espère ma tlems attitude

 

 

01. La couronne de Tlemcen, tu porteras

02. Avec son accent raffiné, tu parleras

03. Au Haoufi de ses femmes, tu vibreras

04. De la classe et du raffinement, tu auras

05. L’héritage andalou, jalousement, tu conserveras

06. A toute l’Algérie, tes talents, tu consacreras

07. Jamais soumission, tu n’accepteras

08. La beauté et le courage de ses femmes, tu admireras

09. El Maqari, tu liras

10. La grande mosquée dans ton cœur, tu porteras

11. Le testament de Yaghmoracen, point tu n'oublieras

12. Ben m’sayeb, Ben sahla et Ben Triki, tu honoreras 

13. Sidi Boummediène et Lalla Setti, tu vénéreras

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Samedi 11 février 2006
 
 
1.Jamais une treize virgule, tu n'épouseras

2.Une maîtresse, tu auras

3.Les treize virgules, tu mépriseras

4.Médisant, arrogant et prétentieux, tu seras

5.Des études de médecine, tu feras

6.Les affaires de papa tu reprendras

7.Avec maman, tu habiteras

8.Sur ta belle famille, tu médiras

9.Une villa à El Kiffan, tu construiras

10.A Beni-Dorm, tes vacances tu passeras

11.En bijoux pour ta femme, tu te ruineras

12.Ce que tu penses, jamais tu ne diras

13.La musique andalouse, tu écouteras

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Samedi 4 février 2006


Face à l’unanimisme des prises de positions bien pensantes hexagonales, je me permets, modestement, d’apporter un autre éclairage sur la polémique enflant ces derniers jours au sujet de la publication de dessins d’un caricaturiste danois.


De quoi s’agit il ?


On nous parle du droit pour un dessinateur danois, selon les règles lumineuses de son glacial pays, d'exercer ses talents de caricaturiste, c’est la liberté de la presse.

On ajoute même que, l’interdit islamique de toute représentation du prophète n’ayant pas valeur universelle, ces considérations archaïques n’ont donc pas droit de cité en terre occidentale « évoluée ».


Ma réponse :


Belle démocratie que celle qui autorise l’insulte, la vexation et l’humiliation de plus d’un milliard d’individus musulmans.

N’ayant pas génétiquement la faculté de comprendre le concept de liberté de presse -je suis arabe souvenez vous- je ne vois donc dans ces dessins que de la diffamation gratuite parce que facile, malhonnête parce que vendeuse et médiocre parce que dans l’air du temps depuis le 28 éme anniversaire* de l’assassinat de Salvador Allende et quelques milliers de chiliens par la CIA aidé de ses collaborateurs locaux.

La blessure provoquée par ces dessins est ressentie moins sur un plan religieux que sur un plan identitaire par des peuples systématiquement soupçonnés de terrorisme, de machisme, d’intolérance et j’en passe, des peuples qui en plus de vivre la pauvreté et la marginalisation sociale qui va avec, doivent quotidiennement subir, ici en Europe et plus particulièrement en France, la discrimination raciale à l'emploi, au logement et aux loisirs.

Leur prophète est représenté en terroriste, et comme ô surprise, les musulmans, à l’instar de leurs homologues humains, ont un cerveau et qu’en plus il ne savent que trop bien dans quel monde ils vivent, ils ont compris le message de la caricature : musulman = terroriste et comme terroriste = sous-homme, conclusion : pas besoin de respecter avec des sous-hommes les règles dont on se gausse entre gens biens, bien blancs. Ah, décidément, on n’en a pas fini avec le colonialisme.


De quoi s’agit il encore?

On nous dit, en bombant le torse, qu'il faut faire barrage au totalitarisme musulman, celui-ci voulant imposer au monde sa vision.

On ajoute même, avec l’air arrogant du donneur de leçon, à quel point il est courageux de publier ou republier ces dessins.


Ma réponse (un peu énervé) :


De qui se moque-t-on ? n’est ce pas les USA qui vendent leur “démocratie” à coup de bombes ? n’est ce pas le colonialisme européen qui à peine 40 ans en arrière prétendait imposer un modèle “évolué” aux peuples jugés inférieurs ? N’est ce pas l’occident arrogant et sûr de l’universalité de son modèle qui considère tout ce qui ne lui ressemble pas comme barbare ?

Comment ne pas être choqué jusqu'à l'écoeurement face à l’indécence avec laquelle se posent en chevaliers de la liberté d’expression des personnages médiatiques dont les principes et les valeurs sont apparemment à géométries variables.

Assourdissant fut leur silence sur la violente cabale subie par l’humoriste Dieudonné auteur d’un sketch jugé blessant pour une ethnie !

Muet, quand, au mépris de ladite liberté d’expression, fut interdit de parole Tarek Ramadhan, livré à ses contradicteurs en son absence !

Compréhensifs, quand des chaînes publiques de télévision ont décidé censurer les bavures policières commises au cours  des émeutes sociales de l’automne dernier (oui sociales et non ethniques, dixit  un rapport des RG)


Ma conclusion :


La liberté d’expression est un droit, tout comme l’est la liberté de croyance, sans que l’une ne soit en contradiction avec l’autre, si les religions sont contraintes de respecter la liberté de foi (le coran affirme la liberté de culte « lakoum dinoukoum oua liya dini ») la liberté d’expression dans les médias, elle, se doit de respecter la sacralité que mettent les individus dans leurs religions. Alors, non, on ne peut pas caricaturer Dieu.

 

* 11 septembre 1973

par amine publié dans : Tlemcani's opinion
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