
Suite de l'article "Au début était le commencement, ou plutôt l'Exil (Part III)"
Traversé l’ouest algérien de ces années de guerre larvée et son cortège de barrages des forces de l’ordre tendus & désagréables.
Une anecdote m’avait frappée à ce propos, au cours de ce voyage, par route dois je le rappeler, nous fûmes arrêtés à un barrage de l’armée, jusque là rien d’inhabituel pour l’époque, et pour rester dans les mœurs de ces temps pas très bénis, on nous demande d’ouvrir nos sacs, ma mère ouvre le sien et l’officier y découvre un paquet de cigarette de marque Nassim, et là, soulagé, il ordonne aux jeunes appelés aux casques soviétiques trop grands pour leurs gabarits de nous laisser passer.
Quel cliché m’étais-je dit !!
Cet officier, dans un raisonnement brillant, avait déduit qu’une femme qui fumes ne pouvant être une terroriste, il n’était donc nul besoin d’ouvrir le coffre de la malle pour vérifier la présence d’explosifs, armes et autres surprises !!
Il doit certainement sortir d’une école de guerre française m’étais-je dit, spécialiste pour former des officiers à la vue courte et au sens stratégique foireux.
La pancarte rouillée « bienvenue dans la wilaya de Tlemcen » écrite dans toutes les langues nous salue et dès ce moment, l’étrange métamorphose s’opère inconsciemment, je me surprend à parler avec cet accent dont je me moque si facilement loin de ces contrées, raffinées, paraît-il.
Je prépare aussi les répliques cinglantes à servir au moment opportun, souriant déjà en imaginant les têtes de mes victimes futures, mais n’est ce pas là le sport national à Tlemcen ? On s’intègre ou on ne s’intègre pas, moi je mets un point d’honneur à respecter les us et coutumes de mes hôtes …
(To be continued)
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