Aujourd’hui c’est culture !
Je m’essaye à la biographie et tente de vous intéresser au destin de trois grands auteurs tlemceniens, ou plutôt devrais je dire auteurs algérien tant leurs poèmes et chansons furent reprises partout dans notre pays.
Il s’agit de Boumediène Bensahla, Mohamed Ben M’sayeb et Ahmed Bentriki.
Ces biographies sont certainement incomplètes, voir parfois inexactes car traduites par mes soins, vos contributions et rectifications sont bien évidemment les bienvenues.
Commençons par mon préféré Boumediene Bensahla :
Né à Tlemcen, certainement dans la première moitié du 18 è siècle –je n’ai pas réussi à trouver sa date de naissance exacte- il passe son enfance entre l’école (m’side) et la manufacture puisque l’époque voulait qu’on enseigne aux enfants la lecture, l’écriture et le métier. L’activité en vogue à cette période à Tlemcen étant le tissage, Bensahla en épousera la vocation.
Très tôt attiré par la poésie et le chant, il déclame son amour enfantin à la jeune Badra, sa camarade de classe et on retrouve d’ailleurs ce prénom dans plusieurs de ses poésies.
Il apparaît dans ses premiers écrits comme un jeune homme séduisant, festif, vif d’esprit et possédant un sens aigue de la répartie et du verbe.
Les occasions de festoyer ne manquent pas dans le Tlemcen du 18è siècle, toute occasion est bonne pour s’encanailler à l’Ourit (ah l’Ourit !), Ain el Hout, Saf-Saf … tout ces lieux loin de la cité permettaient d’échapper au contrôle social tlemcenien. Il semble que le jeune Bensahla en fut profondément marqué.
L’organisation administrative de l’Algérie étant décentralisée sous l’ère Ottomane -celle-ci se contentant de prélever sa dîme- Tlemcen jouissait d’une certaine autonomie, autonomie qui a atteint son paroxysme sous le commandement d’un certain Bedjaoui, qui finit quand même par se faire exécuter à Alger …
Dominée par des féodaux locaux, Tlemcen offrait une organisation sociale inégalitaire à souhait, la classe laborieuse dont était issu Bensahla manquait de tout, contrastant avec la richesse ostentatoire des maîtres de la ville.
Cette situation fut dénoncée par un Bensahla militant dont les poèmes engagés trouvaient un écho favorable auprès des gens de sa condition et faisaient bien évidemment grincer les dents des notables, qui le voueront au bannissement et feront circuler des rumeurs à son sujet pour le discréditer.
(To be continued)
Traduit tant bien que mal de "Diwan du cheikh Bensahla" de Med Habib HACHLAF et Med ZERHOUNI paru aux éditions ANEP.
Vos comm' :