Comme d’habitude, un débat existentiel aigue fait rage au sein de la Mercedes familiale (Diesel, c’est plus économique) : route de Sidi Belabès ou route d’Oran ?
Par Sidi Belabès, nous gagnons 100 Kms, mais la route est très mauvaise (euphémisme en Algérie) c’est la préférence de mon père.
Par Oran, la route est plus longue, mais la chaussée est de meilleure qualité (à peine 3 raccordements Sonelgaz par Km) suggère avec insistance ma mère, habituée de toute façon à avoir le mot de la fin.
Et c’est toujours à ce moment que j’interviens : « je veux voir l’Ourit », tout le monde se tait religieusement, le verdict est tombé, nous prendrons la route de Sidi Belabès.
L’Ourit, cascades majestueuses à la sortie de Tlemcen, sujet de tellement de chansons qui ont bercé mon enfance, de légendes incroyables qui ont construit mon imaginaire, l’Ourit est un élément incontournable de ma « Tlemcénité », avec la mosquée Sidi Boumediene d’El Eubade où Chouayb Abu Médiane est venu reposer en paix sur sa route pour Marrakech, les ruines de Mansourah et le siège cruel dont elles témoignent, Bab El Khemis la rescapée du travail d’acculturation coloniale, le musée de Tlemcen et ses trésors inestimables, le Mechouar cour des sultans Zianides, El Kissaria où on trouve tout ce qui peut s’acheter, la cour de la Grande Mosquée, Bab El Kermadine, la mosquée de Sidi Senouci, la mosquée de Sidi El Haloui, le plateau Lalla Setti, le Minaret d’Agadir, le tombeau de la sultane …Etc Ah ! Tlemcen ville d’arts et de beaucoup d’histoires, petites et grandes.
Arrivés devant ces cascades asséchées sur l’autel de l’urbanisme, l'Ourit ruisselle bruyamment dans nos têtes.
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